La Forêt de Mogari

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Résumé : Monsieur Shigeki vit dans une maison de retraite accueillante et presque familiale, réservée à un petit nombre de gens, au bord d’une vaste forêt. Après un banal accident de voiture, il échappe à la surveillance de la soignante au volant. Machiko le retrouve rapidement mais tous deux se perdent dans la forêt alors que le soir tombe…

Notre avis : « Est-ce que je suis vivant ? » se demande Monsieur Shigeki, lors d’une visite du prêtre. Tout le film s’attache à traquer les indices d’une réponse à cette grande question. Le nom de la forêt renvoie au « temps du deuil ». Comme le veuf Shigeki, Machiko a souffert de la perte d’un être cher. La plongée sous les frondaisons, à la fois volontaire et involontaire, est l’occasion pour Naomi Kawase d’exprimer une vision panthéiste du monde (Dieu est dans la nature). Shigeki retrouve des forces au contact des essences, des écorces et de l’humus. La forêt apparaît comme une entité bienfaisante, protectrice et consolatrice. Née de parents divorcés avant sa naissance, élevée par une grande-tante, la réalisatrice est familière des sujets qu’elle traite (la perte, le grand âge). Tout en sensations diffuses, ce très beau film exprime aussi à quel point il faut parfois se perdre pour se retrouver. (CHG)

La première image du film : La caméra filme en plongée les feuilles des arbres séculaires de la forêt, agitées par le vent.

La citation : « Quand on veut s’ouvrir aux autres, mais qu’on y parvient pas vraiment, que faut-il faire ? »

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